Vous êtes en situation de handicap et vous cherchez un soutien financier ? Vous vous demandez si vous avez droit à l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) ? Vous ne savez pas vraiment comment vous y prendre pour faire la demande ?
Ce guide vous explique tout sur l’AAH en 2025. Vous y trouverez les conditions à remplir, les montants à jour et les étapes précises pour faire votre demande auprès de la MDPH.
L’AAH en bref : Montants et Plafonds 2025
Avant de détailler les conditions, voici les chiffres essentiels à connaître. L’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) est une aide financière qui assure un revenu minimum. Son montant dépend de vos ressources.
| Information Clé | Montant / Plafond 2025 |
|---|---|
| Montant maximal de l’AAH | 1 016,05 € par mois (depuis le 1er avril 2024) |
| Plafond de ressources (personne seule) | 12 193 € par an |
| Plafond de ressources (couple) | 22 070 € par an |
Qui peut bénéficier de l’AAH ? Les 4 conditions à remplir
Pour toucher l’AAH, vous devez remplir quatre conditions cumulatives. Elles concernent votre taux d’incapacité, votre âge, votre lieu de résidence et vos revenus. C’est la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) qui évalue votre situation.
1. Le taux d’incapacité
Le premier critère, c’est votre taux d’incapacité. Il est fixé par la CDAPH, qui dépend de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) de votre département. Deux cas de figure existent.
- Votre taux d’incapacité est de 80 % ou plus : L’AAH vous est attribuée si vous remplissez les autres conditions (âge, résidence, ressources). Votre handicap est reconnu comme sévère.
- Votre taux d’incapacité est compris entre 50 % et 79 % : Vous pouvez aussi toucher l’AAH, mais à une condition supplémentaire. Vous devez avoir une restriction substantielle et durable pour l’accès à l’emploi (RSDAE). En clair, votre handicap doit vous empêcher de trouver ou de garder un travail de manière significative et pour au moins un an.
2. L’âge minimum et maximum
L’âge est une condition simple à vérifier pour obtenir cette aide.
- Vous devez avoir au moins 20 ans.
- Cet âge peut être abaissé à 16 ans si vous n’êtes plus considéré à la charge de vos parents pour les prestations familiales.
Il n’y a pas d’âge maximum pour demander l’AAH. Par contre, à partir de l’âge légal de la retraite (actuellement 62-64 ans), d’autres allocations comme l’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA) prennent le relais. L’AAH peut alors être versée en complément si votre pension de retraite est inférieure au montant de l’AAH.
3. La condition de résidence
Pour bénéficier de l’Allocation aux Adultes Handicapés, vous devez résider en France de manière stable et régulière. Si vous n’êtes pas de nationalité française, vous devez être en situation régulière et posséder un titre de séjour valide.
4. Le plafond de ressources
Vos ressources ne doivent pas dépasser un certain plafond annuel. La Caisse d’Allocations Familiales (CAF) ou la Mutualité Sociale Agricole (MSA) se base sur les revenus de l’année N-2 pour calculer vos droits.
Le plafond dépend de votre situation familiale. Depuis la déconjugalisation (expliquée juste après), seuls vos revenus personnels sont pris en compte, peu importe ceux de votre conjoint.
| Votre situation | Plafond de ressources annuel |
|---|---|
| Vous vivez seul(e) | 12 193 € |
| Vous vivez en couple | 22 070 € (depuis la déconjugalisation) |
| Par enfant à charge | Le plafond est majoré de 6 096 € par enfant |
La déconjugalisation de l’AAH : ce qui a changé
Le 1er octobre 2023, une réforme importante a eu lieu : la déconjugalisation de l’AAH. Avant cette date, les revenus de votre conjoint étaient pris en compte dans le calcul de vos droits. Cela pénalisait de nombreuses personnes en couple.
Aujourd’hui, seuls vos propres revenus sont considérés. Les revenus de votre conjoint ne comptent plus. Cela rend le calcul plus juste et permet à plus de personnes en situation de handicap de percevoir l’allocation à taux plein.
Quel est le montant de l’AAH en 2025 ?
Le montant de l’AAH que vous recevez dépend directement de vos ressources. Le principe est celui d’un calcul différentiel : l’AAH vient compléter vos revenus pour atteindre le montant maximal.
Le montant maximal de l’AAH est de 1 016,05 € par mois. Ce montant est revalorisé chaque année pour suivre l’inflation.
Si vous n’avez aucune ressource
Si vous ne percevez aucun autre revenu (salaire, pension, etc.), vous touchez le montant maximal de l’AAH, soit 1 016,05 € par mois.
Si vous percevez une pension (invalidité, retraite)
Si vous touchez une pension (invalidité, accident du travail, retraite), vous recevrez une AAH différentielle. Le montant sera égal à la différence entre le montant maximal de l’AAH et le montant de votre pension. Par exemple, si vous avez une pension d’invalidité de 400 €, votre AAH sera de 1 016,05 € – 400 € = 616,05 €.
Si vous travaillez (milieu ordinaire ou Ésat)
Vous pouvez travailler et toucher l’AAH. Le calcul de vos droits dépend si vous travaillez en milieu ordinaire ou en Établissement et Service d’Aide par le Travail (Ésat).
- En milieu ordinaire : Vos revenus sont pris en compte après un abattement. Pendant les 6 premiers mois, vos revenus ne sont pas comptés, et vous continuez de toucher l’AAH en entier. Ensuite, un abattement est appliqué sur vos salaires pour le calcul.
- En Ésat : Vos revenus sont également pris en compte après un abattement spécifique pour calculer le montant de votre AAH.
En cas d’hospitalisation ou d’incarcération
Si vous êtes hospitalisé, en maison d’accueil spécialisée (MAS) ou incarcéré pendant plus de 60 jours, le montant de votre AAH est réduit à 30 %, soit environ 305 € par mois. Cette réduction ne s’applique pas si vous avez au moins un enfant à charge ou si votre conjoint ne travaille pas pour un motif reconnu par la CDAPH.
Une fois votre séjour terminé, le versement de l’AAH reprend au taux normal.
Comment faire la demande d’AAH ? (En ligne ou papier)
La demande d’AAH se fait auprès de la MDPH de votre lieu de résidence. C’est elle qui instruit votre dossier avant de le transmettre à la CDAPH pour décision. Ensuite, la CAF ou la MSA se charge du versement.
Voici les étapes à suivre :
- Remplir le formulaire de demande : Vous devez remplir le formulaire Cerfa n°15692. Ce document est le même pour toutes les demandes liées au handicap (PCH, carte mobilité inclusion, etc.).
- Joindre les pièces justificatives : Le plus important est le certificat médical de moins d’un an, rempli par votre médecin. Ajoutez aussi une photocopie de votre pièce d’identité, un justificatif de domicile et tout autre document utile pour évaluer votre handicap.
- Envoyer le dossier : Vous pouvez déposer votre dossier complet à la MDPH de votre département ou l’envoyer par courrier.
- Pour la demande dématérialisée, rendez-vous sur le portail de demande en ligne de votre MDPH.
- Si vous préférez la version papier, vous pouvez télécharger le formulaire Cerfa n°15692.
Le délai de traitement d’un dossier par la MDPH est en moyenne de 4 mois. Préparez votre demande à l’avance.
Peut-on cumuler l’AAH avec d’autres revenus ou aides ?
Oui, l’AAH peut être cumulée avec plusieurs aides et revenus, mais sous certaines conditions. L’objectif est de vous garantir un niveau de vie décent.
- La Majoration pour la Vie Autonome (MVA) : C’est un complément de 104,77 € par mois pour les personnes qui ont un taux d’incapacité d’au moins 80 %, perçoivent l’AAH à taux plein et vivent dans un logement indépendant.
- La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) : Cette aide finance les besoins liés à la perte d’autonomie (aide humaine, aménagement du logement…). Elle est totalement cumulable avec l’AAH.
- Un salaire : Comme vu précédemment, il est possible de travailler et de toucher une partie de l’AAH.
- Le RSA : Le cumul est possible, mais le montant du RSA sera déduit de celui de l’AAH. Dans la plupart des cas, l’AAH étant plus élevée, elle remplace le RSA.
Attention, l’AAH n’est pas cumulable avec l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) versée par Pôle Emploi. Vous devez choisir l’aide qui vous est la plus favorable.
FAQ – Questions fréquentes sur l’AAH
Voici les réponses aux questions les plus courantes sur l’Allocation aux Adultes Handicapés.
Pour combien de temps l’AAH est-elle accordée ?
La durée d’attribution de l’AAH dépend de votre taux d’incapacité et de la stabilité de votre handicap.
- Taux d’incapacité de 80 % ou plus : L’AAH peut être accordée de 1 à 20 ans, ou même à vie si votre handicap n’est pas susceptible d’évoluer favorablement.
- Taux entre 50 % et 79 % : L’aide est attribuée pour une période de 1 à 5 ans.
L’AAH est-elle imposable ?
Non, l’Allocation aux Adultes Handicapés n’est pas imposable. Vous n’avez pas besoin de la déclarer aux impôts sur le revenu. C’est un revenu de solidarité nationale exonéré d’impôt.
Que se passe-t-il à l’âge de la retraite ?
Lorsque vous atteignez l’âge légal de la retraite, vous basculez vers le régime de retraite. Si votre pension est inférieure au montant de l’AAH, vous pouvez continuer à recevoir une AAH différentielle en complément. Si votre taux d’incapacité est d’au moins 80 %, le versement de l’AAH se poursuit pour compléter votre petite retraite.
Peut-on travailler et toucher l’AAH ?
Oui, c’est tout à fait possible. Le cumul est encouragé pour favoriser l’insertion professionnelle. Les règles de calcul sont adaptées pour que travailler reste financièrement intéressant. Vos droits sont calculés en fonction de vos salaires après des abattements.
Que faire en cas de refus de la MDPH ?
Si la CDAPH refuse votre demande d’AAH, vous avez des voies de recours. D’abord, vous pouvez faire une demande de conciliation. Si cela n’aboutit pas, vous pouvez faire un recours administratif préalable obligatoire (RAPO) auprès de la MDPH. En dernier lieu, si le refus est maintenu, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire.
